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  • Mila

La bienveillance

Mis à jour : janv. 4

« J’ai besoin de parler » ! Et qu’est-ce que cela parait simple. Après tout, c’est l’un de nos droits divins. La langue, les mots, les gestes, les regards, l’art même sont autant de moyens qui nous aident à exprimer les sentiments que nous portons en nous. Et pourtant il s’avère souvent tellement difficile à faire. « Si seulement il y avait quelqu’un pour m’entendre ». Et à cette pensée nous plongeons dans le désespoir que le sentiment de la solitude nous apporte. Une solitude définie pas forcément par le nombre de personnes qui nous entourent et qui font partie de notre vie mais par leur capacité à entendre et comprendre notre vécu, nos ressentis, nos envies. Pourquoi trouvons-nous difficilement du réconfort auprès des personnes qui nous écoutent, même si ces personnes sont nos proches ou nos amis et sont très souvent bien-intentionnées? Nous avons souvent tendance à emballer avec des paroles blessantes nos propres peurs, frustrations ou complexes et de les jeter sur nos bien-aimés au moment où ils se montrent vulnérables et ont besoin d’aide. Nous croyons également que des critiques impitoyables font « réveiller » la conscience et corrigent le comportement ou le choix de vie d’un fils ou d’une sœur. Si les paroles blessantes savent bien s’incruster dans nos esprits et nous diriger dans une direction quelconque, leur force s’avère souvent destructrice. Un esprit offensé transmet, à son tour, par les paroles ou par les actions la même blessure qu’il porte jusqu’à sa multiplication à l’infini. La blessure crée de la blessure, la haine crée de la haine. La seule force digne, par son ampleur, pour répondre au pouvoir contagieux de la haine demeure l’amour, par ses multiples dimensions et expressions. Dont la bienveillance. La bienveillance est ce désir d’embrasser, et non pas s’opposer à, la différence d’autrui, de vouloir son bien malgré ses différences, de soigner du chagrin par une écoute sans jugement. Si la bienveillance a plusieurs facettes -et il existe de multiples ouvrages qui enseignent sa mise en pratique par quelques techniques-, je crois, avant tout, qu’elle ne pourra pas fleurir dans un esprit qui n’est pas préparé pour l’accueillir. Un esprit prêt est un esprit qui a accepté et a appris à aimer sa propre singularité dans un univers de milliards d’autres et qui, par la parole ou par les gestes, communique le même ressenti à autrui.


Une vérité unique à chacun

Depuis ma naissance, j’ai à mes côtés une personne aimante et dévouée avec laquelle je partage chaque aspect de ma vie. Physiquement nous sommes pareilles, c’est ma sœur jumelle, mais nos personnalités restent tout de même très différentes. Cette chance d’être inconditionnellement liée à une autre personne, m’a appris une chose dont j’ai réalisé la valeur en grandissant : ma vérité et ma vision sur la réalité ne sont pas les seules valables. Nous nous sommes retrouvées de nombreuses fois dans les mêmes situations, rencontrant les mêmes personnes, et pourtant les histoires que nous racontons sur ces rencontres et les souvenirs que nous en gardons sont autant en couleurs différentes que nos traits de personnalités. Oui, je crois que chaque personne porte une grande partie de sa personnalité dès la naissance et elle le définira toujours et créera sa propre vérité. Une vérité authentique qui a une place légitime dans ce monde et qui prédéfini comment chaque personne vit émotionnellement les événements qui lui arrivent. Une vérité qui doit être entendue.

C’est cette humilité qui nous envahit au moment où nous réalisons que nous ne sommes pas seuls dans le monde et que nos visions des choses et nos perceptions ne sont pas universelles, c’est elle qui nous empêchera de porter un jugement sur autrui pour sa façon d’être.


Ce que la bienveillance n’est pas…

La bienveillance n’est pas l’acceptation des mauvaises habitudes, la violence, l’autodestruction ou le malheur de ceux que nous aimons d’une manière désengagée. On ne laisse pas nos bien-aimés plonger dans leur malheur tous seuls sous prétexte qu’on leur accorde le droit de choisir leur propre destin. La bienveillance ne s’oppose pas à l’éducation et à la définition de limites pour un enfant, à l’encadrement d’un adulte. Elle fournit ce regard sur la lumière d’autrui qui l’aide enfin à la faire briller.


La bienveillance n’est pas un acte cérébral, un protocole à suivre, ni des mots ou des expressions à apprendre. Elle est une expression spontanée par l’attitude, pas les gestes, d’une acceptation de la singularité d’autrui.


La bienveillance n’est pas réservée aux employés du milieu social. C’est une approche qu’on utilise avec nos enfants, nos voisins, nos collègues ou une nouvelle connaissance.


Enfin, la bienveillance n’est pas un signe de faiblesse ou de vulnérabilité. C’est la preuve d’une humilité, d’un optimisme et d’une croyance en le potentiel humain.


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